Navigation


I am no longer who I am

je ne suis plus celle que je suis

I am no longer who I am
- infertile landscapes - 

This work is the testimony, through the creative act and the staging, of the journey of a woman faced with infertility. From simple desire to pessimistic medical assessment, from the desire to believe in successive failures, from the choice of a donation abroad to social disapproval, from loss to reconstruction, photography makes it possible to express the impact and reshuffle, both physically and psychically, during such a journey. In the landscapes of the body, the intimate, thoughts and dreams, dreams and disillusions, reflections and emotions, the images give meaning to this ordeal. It is about telling the whole story of a trauma, from the state before it was announced, then the attempts at solutions, whatever they may be, in search of resolutions. Since, dried up, empty, sterile, it ends up defining itself by these words:jI am no longer who I am

The photographic act allows us to enter into a cathartic dimension: to stage our own naked body, this damaged stomach, crushed, "intruded", emptied of its substantiality, in order to reclaim it; find the object of resilience to figure out the broken dream, denial, and mourn it, or, at the very least, manage to live with this flaw. Putting to work the image of a body between two bodies, neither mother nor daughter, of a woman who has lost part of her identity, of her nature, the construction of a personality within a social group . It is also to make this solitude an act of faith so that others can draw on it to come to bear witness. In our age where the age in the parental project advances, sterility in the population tends to increase, medical sciences and techniques evolve in parallel with an ethical and legal debate, it is also freeing speech on a subject of society.

When Anne-Laure S. offers Xavier Gavaud to tell his story, he approaches the subject in his artistic process, an invitation to immerse himself in the ideal, this effective place that never really exists, this moment of intangible reality as one dreams for a moment. In collaboration, with his testimony, their discussions, the images want to show a truth underlying appearances, a raw experience, his imprints, his traces. The impressions of the unconscious emerge. There is what consciousness says but which does not include a singularity, the conditioned one that veils its pain, the evanescent one that appears elsewhere, the dreamlike one that seeks to sublimate, the lucid one that cannot lie ... and all wonder, doubt, and answer each other constantly.

During the December 2018 exhibition at the gallery L'Achronique, a series of conferences took place. Find the links of the videos of the speakers, thanking them once again very warmly :
Virginie Rio "Je ne peux pas procréer, mais je peux créer" (présidente du collectif BAMP) ;
Aïcha Lkhadir "L'infertilité des femmes migrantes, quel accompagnement de la psychologie transculturelle" (anthropologue, psychologue) ;
Françoise Guérin "Service après ventre... accompagner les mères en souffrances" (psychologue clinicienne) ;
Carla Canullo "L'im-possible fertilité" (philosophe, auteure) ;
Silke Schauder "Donner à voir, transformer la douleur" (professeure en psychologie & psychopathologie) ;
Plasticienne VAM "Faut-il donner la vie pour réussir la sienne ?" (artiste plasticienne) ;
Maïa Braimi & Coralie Emilion-Languille, respectivement auteure et actrice, autour de la pièce "Tout va bien se passer..." ;
Edith Vallée "Le matrimoine, paysage culturel fécond et occulté" (docteur en psychologie).

(le livre d'exposition c'est ici).

Présentation de l’exposition je ne suis plus celle que je suis -paysages de l'infertile- par Xavier Gavaud sur une idée originale d’Anne Laure S. (exposition du 1er au 20 décembre 2018, L'Achronique Art & Philosophie) 

Dire je ne suis plus celle que je suis… c’est mettre en lumière de façon manifeste un des grands paradoxes de la condition féminine. La féminité serait largement conditionnée au fait d’être un être capable de donner la vie… être femme c’est aussi pour la petite fille se projeter comme être mère. Nous sommes tous à notre naissance des êtres voués à la mort mais les femmes sont paradoxalement des êtres qui en naissant sont d’emblée vouée à la mort et à la vie, et c’est au cœur de cet incroyable paradoxale que la petite fille devient femme.
Oui ! Être femme c’est aussi pouvoir devenir mère et être capable de créer de la vie… Mais que se passe-t-il alors quand on ne peut pas ou plus donner la vie et qui plus est quand on ne veut pas donner la vie ? C’est à dire la femme privée de la capacité de devenir mère. Apparait alors une dissymétrie, une dys-convergence entre une potentialité du féminin et la femme, entre être une femme et une mère.

Maintenant, parlons des œuvres photographiques de Xavier Gavaud au cœur de cette problématique :
Des œuvres photographiques que vous pouvez admirer en parcourant l’ensemble de la galerie dès l’entrée jusqu’à cette grande salle… Exposition immortalisée par l’élégant catalogue réalisé par l’artiste. Incontestablement Xavier Gavaud a su au travers, au fil de son travail photographique, créer un univers manifestant avec sensibilité la tension entre le désir d’enfant et son impossibilité.
Il a su également mettre en scène et rendre perceptible le rapport ambigu qu’entretient toute femme avec son corps. Ce corps à la fois intime et étranger… Ce corps propre et en même temps lieu de partage… corps vivant et créant la vie… Ce corps destin en écho à Freud évoquant « l’anatomie c’est le destin ».
Ici, évidemment, il ne s’agit pas de castration au sens freudien mais finalement d’un manque plus signifiant et antérieur à l’absence de phallus…. Ne peut-on pas voir dans l’impossibilité d’enfanter un plus profond et réel manque et manquement ? La femme se réduisant à la même impuissance d’engendrement que l’homme. L’impuissance induit par le fait de se découvrir priver de ce que par essence il nous est donnée de posséder en tant que femme. L’enfant fantasmé, surgit régulièrement dans les photos de Xavier Gavaud, l’enfant imaginaire, celui de la petite fille… celui qu’on lui apprend dès la prime enfance à accepter, à désirer et à materner… à admettre comme un accomplissement de son essence.
L’univers de Xavier Gavaud, celui qui nous entoure ce soir est sobre mais puissant par sa suggestion. L'artiste a su parfaitement suggérer l’ambiguïté propre à la féminité, à la dialectique entre une femme et sa féminité. Voyez comme chaque photo résonne, chaque photo interroge, je dirais même que chaque photo fait émerger une tension et une nostalgie. Remarquez aussi, en regardant le catalogue, que chaque photo est ponctuée de bribes de texte ou de phrases … d’une parole fragmentée, d’une parole en devenir et faisant écho à l’image. Une image à chaque fois finement travaillée, composée, réfléchi avec richesse et révélant une problématique à chaque photo recrée.
Pour conclure, je dirais que bien au-delà d’une parole, d’un témoignage personnel il s’agit et avec force, dans le cadre de cette exposition, de nous amener à penser les paradoxes toujours actifs de la féminité comme identité … et le jeu, au sens que cela joue, toujours incertain entre être et être une femme, de nous amener également à le voir avec les yeux de la sensibilité.

N’oublions pas que nous saisir et nous élever par l’intermédiaire de la sensibilité a toujours été la grande force de l’art, de la peinture et ce soir de la photographie.

Caroline Guth Mirigay,artiste peintre, philosophe, galeriste.



Previous page : The Mind at Sea
Next page : Lostin T